NEKKAZ DÉPOSE PLAINTE CONTRE BELKACEM ZEGHMATI

Article rédigé Mokrane AIT OUARABI le 03 mars 2021

Le militant politique Rachid Nekkaz, fondateur du Mouvement de la jeunesse et du changement (MJC, parti non agréé), a annoncé qu’il déposera plainte contre le ministre de la Justice, Belkacem Zeghmati.

Dans une vidéo postée lundi soir sur sa page Facebook officielle, ce militant politique, remis en liberté le 19 février avec d’autres détenus d’opinion suite à une décision présidentielle, a vertement critiqué le garde des Sceaux auquel il imputa la responsabilité de l’incarcération de militants actifs dans le mouvement populaire du 22 février 2019.

Se référant à la Constitution de 2016, Rachid Nekkaz a affirmé que la nomination, le 31 juillet 2019, de Belkacem Zeghmati au poste de ministre de la Justice a été faite de manière «illégale»«illégitime» et «anticonstitutionnelle» en ce sens que le chef de l’Etat par intérim n’est pas habilité à remanier ou changer la composante du gouvernement. Pour étayer ses propos, il a cité les articles 102 et 106, mais c’est de l’article 104 qu’il s’agissait.

«Le gouvernement en fonction au moment de l’empêchement, du décès ou de la démission du président de la République ne peut être démis ou remanié jusqu’à l’entrée en fonction du nouveau président de la République», stipulait cet article. Partant de ce postulat, Rachid Nekkaz a affiné sa nouvelle ligne de défense en considérant tous les changements effectués par M. Zeghmati comme «illégaux».

«Un ministre anticonstitutionnel, illégal et illégitime n’a pas le droit de nommer des procureurs ou des juges. Et ces mêmes procureurs n’ont pas le droit, eux-mêmes, d’incarcérer ou de lancer des procédures pour mettre en prison, sous mandat de dépôt, des militants», a-t-il martelé, citant dans ce contexte le mouvement dans le corps des magistrats effectué durant l’année 2019.Advertisements

Un mouvement, a-t-il indiqué, qui a concerné plus de 3000 magistrats. «Cette chaîne judiciaire est totalement illégale», a-t-il insisté, précisant que «c’est pour cette raison qu’il avait demandé à ses avocats de déposer plainte près de la Cour suprême contre Belkacem Zeghmati». Selon lui, plus de 300 personnes ont été victimes de cette «chaîne judiciaire illégale».

Des personnes, a-t-il souligné, qui ont été incarcérées durant ces deux dernières années à cause de leurs publications sur Facebook, de leurs vidéos sur Youtube… ou tout simplement parce qu’ils ont participé à des marches pacifiques.

Rachid Nekkaz a indiqué que 28 parmi ces personnes croupissent encore en prison, réclamant dans ce sillage leur libération. Pour celui qui a passé plus d’une année en détention provisoire sans qu’il ne soit jugé, toutes ces personnes ont été victimes d’injustice. «Elles ont le droit de déposer plainte de leur côté pour exiger réparation», a-t-il dit.

Rachid Nekkaz n’est pas à sa première critique acerbe du système judiciaire en ciblant plus particulièrement le ministre de la Justice Belkacem Zeghmati.

On se souvient encore de sa lettre envoyée en décembre 2020 à partir de la prison au ministre de la Justice, dans laquelle il avait dénoncé ses conditions carcérales, tout en proposant son «aide financière» à la direction générale des établissements pénitentiaires.

Militant infatigable, il dit refuser de se taire face à l’arbitraire, soulignant ainsi l’urgence de «construire un Etat de droit». Il faut rappeler que Rachid Nekkaz a été placé sous mandat de dépôt en décembre 2019 par le tribunal de Dar El Beïda à Alger. Il a été poursuivi pour «atteinte à l’unité nationale» et «incitation à attroupement armé». 


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